5 ans à la poursuite du bien commun | Congrès AQECR

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 25 septembre 2012 20:48

« Cinq ans… à la poursuite du bien commun » titre l’AQECR pour annoncer à la fois les Journées provinciales de la formation continue en éthique et culture religieuse et l’anniversaire de l’association.


Une trentaine d’ateliers offerts par des enseignants, des professionnels et des universitaires portant aussi bien sur des SAÉ que sur « Twitter en classe », sur la pratique du dialogue que sur « comment aborder l’holocauste en éthique », sur la charia que sur la distinction entre valeur et norme, sur « la pédagogie de l’approche culturelle du religieux » que sur les entraves au dialogue. Voilà ce que sont les Journées provinciales de la formation continue en ÉCR 2012 (JPFC) de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR). Mais il y a plus…

 

 

Les JPFC sont devenues l’événement rassembleur annuel en ECR, comme il en existe dans pratiquement tous les domaines professionnels. Un rôle d’autant plus important qu’avec la fin des plans de formation liés à l’implantation du programme, plus rares sont les occasions de rencontre pour les différents intervenants du réseau. Un temps précieux pour « briser l’isolement » comme le souligne le responsable des communications de l’AQECR, Christian Vinet, dans son communiqué.

 

Pour la troisième année consécutive, Enseigner l’ÉCR! sera présent et rendra compte des activités sur ce blogue et, en direct, sur notre page Facebook et nos comptes Twitter (@enseignerecr et @jpperro).     

 

Cette année, les JPFC se tiendront à Longueuil, à l’hôtel Holiday Inn.

 

  • Inscription : http://jpfc.aqecr.com/ (il est possible, en parcourant le formulaire, de prendre connaissance des résumés des ateliers avant de s’y inscrire)

 

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À l'agenda | Formations | Actualités

Camil Bouchard et la formation éthique

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 28 mai 2012 12:20

« Former des citoyens responsables, autonomes et difficiles à gouverner ». Voilà la réponse de Camil Bouchard en conférence d’ouverture du colloque du CTREQ Partageons nos savoirs. Et la question? Ah oui : quelle réussite éducative? Il a invoqué la nécessité que l’école québécoise s’engage dans une mission explicite (il insiste) à la formation à l’éthique, à la citoyenneté et à la démocratie. Il a soutenu qu’il fallait penser l’éducation en des termes qui paraissent un peu vieillots : ceux du « bien commun ». Tout ça vous dit quelque chose?


« On ne fera pas semblant », a-t-il dit, évoquant dès le départ le contexte pour le moins particulier de ce printemps québécois. Voulant aborder de front les enjeux, le professeur, chercheur et ex-député a d’abord brossé un certain portrait de ce qu’il a appelé « la crise de civilisation » actuelle : crise économique, « modèle québécois » menacé, dissolution du bien commun au profit des réussites individuelles, crise démocratique, etc.  « Les boursicoteurs avides et sans scrupules, on les produit dans nos écoles… » a-t-il lancé avant de conclure qu’il s’agit d’une « crise éthique et morale ».

 

Nul besoin de partager pleinement les points de vue situés et réfléchis du conférencier pour apprécier le rappel. Que les premiers mots d’un colloque où il fut question de moyens, de stratégies, d’outils, d’innovation soient consacrés à ce « pourquoi » originel et fondateur de la mission éducative fut bénéfique. N’est-ce pas là que se trouve, ultimement, le sens des efforts, des dépassements et des investissements des quelque 500 acteurs passionnés d’éducation réunis par le CTREQ?

 

ECR interpellé

Il y a de quoi à ce que les engagés en enseignement de l’éthique et de la culture religieuse se sentent particulièrement interpellés. Sans même être chauvin, on peut entendre dans les propos de Camil Bouchard les deux finalités du programme ECR: la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun. Des finalités « explicites », de surcroit.

 

Ainsi, devant les réactions somme toute enthousiastes de l’assistance – pour ce qu’on a pu en observer – il est difficile de résister à l’envie quelque peu narquoise de répliquer : s’il s’agit d’une mission fondamentale que cette formation à l’éthique et au bien commun, c’est dire que le programme Éthique et culture religieuse l’est tout autant! ECR est donc quelque chose comme une « grande petite » matière en mesure de jouer un rôle déterminant.    

 

Un rôle déterminant parce que dès l’appel de Camil Bouchard pris au sérieux, on saisit la complexité de la tâche. On conviendra que rendre autonome, responsable et critique a bien peu à voir avec la simple expression d’opinions ou la chronique d’humeurs, tant celles élèves que des enseignants. Le développement de l’esprit critique exige la compréhension, la réflexion et le dialogue (tiens donc : les trois compétences du programme ECR!).

 

Ce trio d’actions est un engagement dans une démarche particulière qui est la clé de voute de la poursuite du bien commun en des sociétés comme la nôtre. Il s’agit de comprendre, réfléchir et dialoguer avec d’autres : ceux qui l’ont fait avant nous, ceux qui le font avec nous et ceux qui ne le font pas comme nous et arrivent à des résultats différents. C’est à ces conditions que l’on peut parler d’une « éducation aux valeurs ». Voilà ce que nous semble être un « citoyen autonome, responsable et difficile à gouverner ». Un citoyen qui ne nous redit pas ce que l’on veut entendre en adoptant sans broncher notre vision de la société. Un citoyen en mesure de penser par lui-même, certes, mais surtout capable de penser avec d’autres. Parce qu’aussi important soit-il, à lui seul l’esprit critique ne permet pas la poursuite du bien commun, pas plus que la somme des individus autonomes ne fait la société. La réflexion éthique et le dialogue commencent là : lorsque les valeurs et les idéaux entrent en tension et en conflit. À ce moment, les finalités du programme  prennent tout leur sens: reconnaître l’autre et poursuivre le bien commun. 

 

Est-ce dire qu’il n’y a plus de valeurs communes à transmettre? Non. Tout au contraire. Cependant, l’école n’invente pas les valeurs et les normes : elles sont là, présentes et circulant dans les familles, la culture et la société. Le rôle de l’école est d’apprendre aux élèves à comprendre, à réfléchir et à dialoguer. Ce faisant, c’est à l’élaboration constante de valeurs communes que nous travaillons en permettant aux élèves de lier le passé et l’avenir, les traditions et le présent, soi et les autres. Et il est de la responsabilité de l’École de leur permettre de découvrir l’intelligence humaine et sociale développée par les générations précédentes dont ils ne se savent pas nécessairement héritiers. Bref, développer une culture seconde, dirait Fernand Dumont : reprendre « à mon compte une certaine distance entre un sens premier du monde disséminé dans la praxis propre à mon contexte collectif et un univers second où ma communauté historique tâche de se donner, comme horizon, une signification cohérente d’elle-même » (Le lieu de l’homme, Montréal, HMH, 1968, p. 41). 

 

Si l’École a besoin d’un outil pour répondre à l’appel de Camil Bouchard, sachons qu’elle le possède déjà, pour peu qu’on le reconnaisse.

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Analyses|réflexions

Colloque Enseigner les religions

par Enseigner l'ÉCR 11 mai 2012 20:47

 

À l'Université Laval,  du 23 au 25 mai 2012, se tiendra le colloque «Enseigner les religions. Regards et apports de l'histoire».

 

«Au cœur des débats actuels sur la place des religions dans l'éducation, la tolérance, le dialogue interreligieux, les chercheurs s'intéressent à l'apport de l'histoire dans la formation des intervenants et enseignants, dans l'élaboration des contenus, la recherche fondamentale et l'enseignement universitaire. Ils poursuivent le dialogue avec les sciences sociales, religieuses et la théologie

 

Ce colloque est organisé en partenariat avec le Centre interuniversitaire d'études québécoises et le Département

d'histoire, la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. 

 

Programme et inscriptions: http://enseignerreligions.cieq.ca (gratuit pour les étudiants).

 

Deux séances (25 mai) portant sur l'enseignement du religieux dans les sociétés sécularisées semblent davantage directement liées à l'enseignement de l'ÉCR

 

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À l'agenda

Partageons nos savoirs | 3e colloque du CTREQ

par Enseigner l'ÉCR 19 février 2012 16:47

Les 26 et 27 avril prochains se tiendra le troisième colloque du CTREQ sur la réussite éducative sous le thème « Partageons nos savoirs ».

 

« Le secteur de la réussite éducative vit actuellement une période intense d’activités. De nouvelles approches pédagogiques et de nouvelles pratiques sont régulièrement développées par des praticiens et des chercheurs. Les professionnels de réseaux différents collaborent pour améliorer les pratiques de chacun et contribuer à la réussite de tous les jeunes. Des mécanismes de concertation et de mobilisation sont mis en œuvre dans toutes les régions du Québec. Des communautés de pratique et d’apprentissage se développent dans différents secteurs.Les technologies sont mises à contribution pour motiver les élèves et favoriser leur réussite. […] Il est plus que jamais important de partager nos savoirs pour faire face aux problèmes de l’école et nous adapter aux changements de la société. L’école ne peut à elle seule répondre à tous ces besoins. Nous devons mettre à contribution les connaissances de chacun, partager nos bons coups et chercher ensemble des solutions. C’est l’objectif visé du 3e Colloque sur la réussite éducative. Par nos échanges, nous pourrons mieux connaitre les élèves et leurs besoins, nous agirons plus efficacement ensemble et nous nous inspirerons mutuellement pour le bénéfice des jeunes et de leur réussite. »(Source: CTREQ)

 

Le colloque à lieu à l’Université Laval. Les participants inscrits avant le 26 mars bénéficient d’un tarif avantageux.

 

Programme et inscription: www.partageonsnossavoirs.ca

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À l'agenda

Congrès de l'AQECR 2012 à Longueuil

par Enseigner l'ÉCR 2 février 2012 06:37

 

 

 

 

 

 

Primeur (!).

Enseigner l'ÉCR! a appris que les Journées de formation continue (congrès) 2012 de l'Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR) se tiendront du 1er au 3 novembre 2012. Après Lévis, Joliette, Ste-Adèle et Rivière-du-Loup, le conseil d'administration a retenu Longueuil pour la prochaine édition de cette grande rencontre des intervenants en ECR. Les participants seront accueillis à l'hôtel Holiday Inn.

 

De plus, selon nos sources (!), la formule sera renouvelée: deux journées d'atelier auxquelles s'ajouterait une activité dans les rues de Montréal.On peut s'attendre aussi à ce que soit souligné le cinquième anniversaire de l'association.

 

C'est un conseil d'administration dynamisé par l'arrivée de nouveaux membres qui travaillera à la programmation de ce congrès au cours des prochains mois. Pour les intéressés, notez que l'AQECR a désormais un groupe Facebook

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À l'agenda | Actualités

Réfléchir au coeur de la déferlante éthique | AQECR 2011

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 5 novembre 2011 09:56

« Éthique, éthique, on veut plus d’éthique! » claironnerait le vendeur de journaux à la criée s’il existait encore au Québec. Alors qu’il s’en faut de peu pour voir apparaître des Éthique dépôt tant la demande semble forte depuis les derniers mois, on pourrait croire que la réflexion éthique va de soi, l’actualité cautionnant quotidiennement sa pertinence. Or, les conférences d’ouverture des quatrièmes journées provinciales de formation en éthique et culture religieuse (AQECR) nous ont rappelé que si la vague invite à surfer, elle risque aussi d'engloutir. Parce qu’au fait, de quoi est-il question dans ces appels retentissants à l’éthique?

  

Ceux et celles qui ont répondu cette année à l’invitation de l’AQECR ont été accueillis au Centre des congrès de Rivière-du-Loup par les propos de la journaliste et ex-animatrice de J.E. Jocelyne Cazin. À la fois récit de parcours et regard sur le monde, sa présentation fut faite de nombreuses évocations sur la nécessité de développer un esprit critique.

 

Face à ce qu’il a qualifié de « déferlante », Luc Bégin, professeur à la Faculté de philosophie et directeur de l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval, s’est interrogé ensuite sur les conséquences de ce « tout à l’éthique » que nous connaissons actuellement. Parce qu’affublés de ce qualificatif, les lois récemment adoptées, les codes que tout un chacun se donne, les mécanismes mis en place pour réagir à des situations considérées - à juste titre - comme scandaleuses et aberrantes ont souvent pour conséquence de réduire l’éthique à la déontologie. Alors que l’esprit critique et l’éthique supposent un rapport réfléchi à soi, aux autres et aux institutions, la tendance actuelle l’associe à la conformité et à la sanction. Ce n’est pas parce qu’on parle d’éthique, a soutenu Luc Bégin, que l’on crée les conditions de la réflexion éthique.

 

Dès lors, plus que jamais la réflexion éthique est tout un défi, pour reprendre le thème de ce congrès. D’une part, il semble nécessaire de clarifier ce qu’il en est en ECR : une réflexion sur les valeurs, les normes et les comportements. Dans cette perspective, « l’esprit critique n’est pas la critique », mais plutôt d’un regard nuancé, justifié permettant « au citoyen de demeurer vigilant », a affirmé Luc Bégin. D’autre part, elle apparaît d’autant plus urgente cette formation à la réflexion que la réponse aux « crises » actuelles tend mener à l'encadrement et à la régulation. Qu’en est-il alors du citoyen autonome et responsable? Avec Habermas, Luc Bégin rappelle que l’autonomie ne réside pas dans la liberté de choisir, mais dans un rapport réfléchi à soi fondant un acteur responsable. Dans cet esprit, « ce n’est pas de suivre des règles qui soit aberrant. C’est de suivre des règles sans réflexion » a précisé le professeur de l'Université Laval en réponse à l'intervention d'un participant.

 

Cette « éthique de la conformité » n’est pas associée qu’aux problèmes qui secouent les administrations publiques, le monde de la construction et le financement des partis politiques. L’École n’en est pas exemptée. Si l’on ne peut que souhaiter la mise en œuvre de campagnes de prévention et de sensibilisation en tous genres, il apparaît clairement que, ce faisant, nous ne sommes pas dans le champ d’une « éthique réflexive », mais davantage dans celui de la moralisation. Personne n’est contre la vertu. Et on comprend, au sortir de ces conférences et alors que s’amorce cette rencontre annuelle, que la vertu est aussi de préserver cet espace unique de formation qu’est la réflexion sur des questions éthiques. Il en va de la mission de l’École québécoise comme l’a rappelé dans son allocution de bienvenue le responsable des programmes ECR au MELS, Jacques Pettigrew.    

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AQECR : des ateliers webdiffusés

par Enseigner l'ÉCR 2 novembre 2011 15:59

 

Dans le cadre des 4e journées provinciales de formation organisées par l'Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR), Benoit Petit et Claude Elmozino du Service national du RÉCIT - Développement de la personne offriront cinq ateliers:

 

  • Twitter en classe: ECR à l'ère des médias sociaux;
  • "Web 2.0": trois situations d'apprentissage et d'évaluation en ECR;
  • La bande dessinée: un univers de richesses pour développer les compétences des élèves en ECR;
  • Culture à l'écoute! Des audioguides pour tout le Québec; 
  • L'éthique et les TIC.

 

Vous ne pouvez être à Rivière-du-Loup les 4 et 5 novembre? Participez à distance puisque ces ateliers seront webdiffusés ici.

 

Pour suivre l'ensemble du congrès, surveillez le mot-clic #AQECR2011 sur Twitter.

 

Vous trouverez des précisions sur les ateliers et sur l'horaire à partir de la page 10 du programme [session_doc_2.pdf (7,21 mb)] et sur le site du RÉCIT-DP

 

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À l'agenda | Formations

"La réflexion éthique, tout un défi!" 4e congrès de l'AQECR

par Enseigner l'ÉCR 1 octobre 2011 18:03

Les 3, 4 et 5 novembre prochain se tiendront les 4e journées provinciales de la formation continue en ÉCR organisées par l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR). Sous le thème « La réflexion éthique en classe, tout un défi! », le congrès de cette année offre aux enseignantes et enseignants du primaire et du secondaire, aux conseillers et conseillères pédagogiques ainsi qu’aux différents intervenants plus d’une vingtaine d’ateliers traitant, bien sûr, de réflexion éthique, mais également de culture religieuse, de dialogue, d’intégration des TIC et du Web 2.0, de situations d’apprentissages…

 

Ces journées se tiendront au Centre des congrès de Rivière-du Loup. Il est possible de s’inscrire en ligne sur le site de l’AQECR. Voici le programme officiel: programmation.final_print.pdf (7,24 mb)

 

Comme l’an passé, Enseigner l’ÉCR! sera sur place et « couvrira » l’événement par quelques articles sur ce blogue et microbillets sur Twitter et sur notre page Facebook.

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Sondage sur les besoins de formation de l'AQECR

par Enseigner l'ÉCR 12 juin 2011 06:40

En préparation aux Journées provinciales de formation, l'AQECR (Association québécoise en éthique et culture religieuse) propose un sondage en ligne sur les besoins de formation des enseignants: http://congres.aqecr.com/sondage.php

 

 

L'AQECR est une association professionnelle ayant pour mandat, notamment, de "regrouper les personnes concernées par l’enseignement de l’Éthique et de la culture religieuse au Québec". 


Cette année, les journées de formation (congrès annuel) se tiendront les 3,4 et 5 novembre prochain à Rivière-du-Loup. Elles auront pour thème "La réflexion éthique en classe: tout un défi".

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AQECR: un patrimoine à transmettre

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 19 novembre 2010 11:44

« L’engagement des familles Molson et McGill [dans l’histoire du Québec], est-ce religieux? Je ne sais pas. Mais c’est protestant! » Bien sûr qu’elle a fait sourire cette boutade d’Olivier Bauer, professeur à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, lors de la plénière d’ouverture du troisième congrès de l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQECR) le 4 novembre dernier. N’empêche qu’elle dit bien le défi qui se pose lorsqu’on s’attaque à la transmission du patrimoine religieux. Que doit-on retenir? Comment distinguer –  et est-ce nécessaire de le faire –  le patrimoine religieux du patrimoine culturel? Doit-on s’intéresser tant au patrimoine immatériel que matériel?

Il va de soi que pour sauvegarder le patrimoine, il faut d’abord le connaître. Une connaissance qui ne peut faire l’économie d’une transmission et d’une réception, en contexte, de la signification de ces expressions patrimoniales, a tenu à souligner Stéphanie Gravel, doctorante et chargée de cours à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’UdeM. Et cette connaissance n’est pas acquise. Parce qu’issus d’une culture chrétienne majoritaire, considérer que les jeunes connaissent le patrimoine religieux du Québec est l’un des meilleurs moyens pour faire disparaître le protestantisme et le catholicisme du programme ÉCR, prévient Olivier Bauer.

Les deux spécialistes de l’Université de Montréal ont insisté sur la nécessité et la fécondité d’une approche attentive à la diversité. Une diversité qui ne tient pas que dans le pluralisme des expressions, mais dans le rapport même des croyants à ces « objets » patrimoniaux : ne pas s’attarder uniquement aux églises catholiques - parce que plus exubérantes -, mais expliquer aussi la sobriété des lieux protestants; ne pas s’en tenir qu’aux règles alimentaires juives - parce que plus explicites -, mais rendre compte également des rapports différenciés aux interdits dans le christianisme. Et pourquoi ne pas enraciner cette compréhension, suggère Stéphanie Gravel, dans un dialogue intergénérationnel?

En classe, dans le pays réel des enseignants, comment arriver à transmettre ce patrimoine? Selon Sylvain Fournier, enseignant au secondaire, recourir à du matériel didactique diversifié et complémentaire tout en assumant pleinement la responsabilité professionnelle à l’égard du programme est l’une des voies possibles. « Les manuels ne sont pas le programme, a-t-il rappelé, on doit utiliser les ressources et aller les chercher. » Pour celui qui est aussi le président de l'AQECR, il en va de même en ce qui a trait à la place du catholicisme et du protestantisme. Aux enseignants incombe la responsabilité de voir à ce que les situations d’apprentissages qu’ils mettent de l’avant respectent la prescription.

Un temps de formation essentiel

Outre ceux portant sur le patrimoine religieux, le congrès proposait près d’une vingtaine d’ateliers aux sujets variés: questions éthiques, dialogue et pensée critique, idées TIC, posture enseignante, progression des apprentissages, place des femmes dans les christianismes, psychologie de l'expérience religieuse, littérature jeunesse, spiritualités autochtones, pratiques enseignantes novatrices, etc. Sans parler de la soirée au pays des légendes et du souper dansant sur des airs traditionnels québécois.

Un temps de formation essentiel, diront plusieurs participants, non seulement en regard des connaissances acquises, mais aussi parce qu’en s’éloignant pour quelques heures du raffut de la classe, il est possible de poser un regard distancé sur un quotidien stimulant et parfois essoufflant. 

 

• À lire aussi : "Dans les corridors du congrès"

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