Colloque Enseigner les religions

par Enseigner l'ÉCR 11 mai 2012 20:47

 

À l'Université Laval,  du 23 au 25 mai 2012, se tiendra le colloque «Enseigner les religions. Regards et apports de l'histoire».

 

«Au cœur des débats actuels sur la place des religions dans l'éducation, la tolérance, le dialogue interreligieux, les chercheurs s'intéressent à l'apport de l'histoire dans la formation des intervenants et enseignants, dans l'élaboration des contenus, la recherche fondamentale et l'enseignement universitaire. Ils poursuivent le dialogue avec les sciences sociales, religieuses et la théologie

 

Ce colloque est organisé en partenariat avec le Centre interuniversitaire d'études québécoises et le Département

d'histoire, la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. 

 

Programme et inscriptions: http://enseignerreligions.cieq.ca (gratuit pour les étudiants).

 

Deux séances (25 mai) portant sur l'enseignement du religieux dans les sociétés sécularisées semblent davantage directement liées à l'enseignement de l'ÉCR

 

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À l'agenda

Se fier à Wikipédia en culture religieuse? L’avis de trois experts.

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 23 février 2012 20:52

Elle est incontournable. Quelle que soit la requête, c’est à elle que ce pantocrator du Web qu’est Google nous confie en premier lieu, bien souvent. Wikipédia est-elle pour autant une source fiable pour les enseignants en culture religieuse?

 

[ Article en PDF:SefieraWikipedia.pdf (544,79 kb) ]

 

L’encyclopédie libre Wikipédia a plus de 10 ans maintenant. Avec ses 1 200 000 et quelques pages et son million de visites à l’heure – en français seulement –, difficile de nier l’importance de cette icône du Web collaboratif. Lorsque ce n’est pas leurs élèves qui s’y précipitent, ce sont les enseignants qui, par choix ou dépit, y cueillent l’information nécessaire à la tenue des activités d’apprentissage qu’ils préparent.

 

La bête a de nombreuses qualités : accessible, rapide, vulgarisée, « hyperreliée », gratuite. Lieu de la mise en commun des savoirs, les articles proposés par tout un chacun sont discutés, commentés et corrigés par la communauté. La régulation par les pairs est-elle suffisante pour assurer la qualité de cette œuvre 2.0? À l’invitation de Enseigner l’ÉCR!, nos experts ont mis les habits de l’internaute et ont scruté, à eux trois, douze pages associées à leur domaine d’enseignement et de recherche. Un coup de sonde dans l’univers wikipédien qui invite à la prudence à défaut d’abstinence.

 

Quelques grandeurs... et plusieurs misères

 

Pareil exercice d’exploration est sans contredit limité. Il ne s’agit en rien d’une analyse exhaustive. D’ailleurs, la difficulté d’avoir un regard critique global témoigne à la fois de la grandeur et de la misère de l’outil : la qualité de l’information varie significativement d’un article à l’autre, les contenus se modifient, les savoirs sont dépendants de l’expertise des contributeurs et de leur engagement dans le processus de rédaction.

 

Ainsi, Alain Bouchard, enseignant au Cégep de Ste-Foy, chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval (FTSR) et spécialiste des nouvelles religions, est d’avis que l’article « secte » constitue une « bonne présentation du concept sociologique et de la difficulté de le définir ». Il s’agit d’une description pertinente « des enjeux et les controverses entourant la lutte contre les sectes. » Un point de vue partagé par Dominic Larochelle, chargé de cours et chercheur à la FTSR. «Il s’agit d’une bonne analyse sociologique, peut-être écrite par un spécialiste universitaire. L’auteur donne non seulement une définition du mot secte, mais également une analyse de son utilisation dans différents contextes. L’article fournit une très bonne bibliographie, séparée en différentes catégories », soutient celui qui est aussi intervenant et responsable des bénévoles au CROIR.

 

Autre page, toute autre réalité. Professeur à la FSTR et spécialiste des religions de l’Inde, André Couture est catégorique : la page consacrée à l’hindouisme, au moment de sa consultation, « ne fait pas partie des sources fiables à mettre entre les mains des enseignants et de leurs élèves. » D’abord, on y retrouve de nombreuses erreurs et imprécisions qu’il illustre par quelques exemples « choisis presque au hasard ». Concernant les Védas, Wikipédia soutient qu’ils ont été révélés par le Brahman. Or, comment est-ce possible, se demande le professeur Couture, « si le Brahman est bien une entité impersonnelle qui ne peut prendre aucune initiative, même pas celle de se révéler? » « Et cela d’autant plus que l’on ajoute un peu plus loin que " les Védas seraient non personnels et sans commencement ni fin ". » Il poursuit : « je me demande encore comment on peut affirmer qu’à l’intérieur des Védas, les Brâhmana sont " les textes liturgiques et de rituel" , que les Âranyaka, c’est "la section théologique" et que les Upanishad, c’est " la section spéculative" ? Il faut de toute évidence n’avoir jamais eu de contact avec ces textes, même en traduction. »

 

Autres exemples, si besoin est : « l’auteur de l’article note que, d’après les Upanishads, " les bêtes et les humains sont frères" : un langage qui sonne plus occidental que proprement indien », nous dit M. Couture. « La même page assigne même une date précise au sage Yâjñavalkya, (630-583 av. J.-C.) : un défi aux connaissances actuelles. » Bref, la conclusion du spécialiste est sans équivoque : « impossible à un élève de se retrouver dans ce fatras. »

 

Problème de perspective

 

Et le plus important est que ces erreurs ne sont pas que des inexactitudes et des imprécisions. Elles traduisent une interprétation « qui se situe, dans la mesure où je puis en juger, dans le cadre d’une approche ésotérique de l’hindouisme s’inspirant surtout d’auteurs comme René Guénon, Jean Herbert, Alain Daniélou, mais avec suffisamment de références à des spécialistes reconnus (Dumézil, Esnoul, Biardeau, Flood, etc.) pour en maquiller l’option fondamentale et brouiller les pistes. » Cette option – difficile à débusquer pour le lecteur qui n’est précisément pas un connaisseur puisqu’il se retrouve sur Wikipédia – s’avère pourtant « l’illustration typique de ce qu’on refuse autant que possible de faire en sciences des religions », affirme M. Couture. « Pour être simplement lisible, cet article demanderait à être revu de fond en comble, et il faudrait au moins en situer d’emblée clairement le point de vue. Même si on peut toujours y trouver des informations exactes, ce texte ne reflète pas dans son ensemble la position des sciences des religions (histoire, anthropologie, études littéraires, etc.).»

 

Des hauts, des bas et des ballotements

 

Entre ces deux cas de figure, plusieurs pages, tout en étant intéressantes, méritent une considération retenue. Ainsi en est-il de « Religions chinoises », page pour laquelle Dominic Larochelle – qui donne un cours précisément sur ce sujet – soutient qu’elle « ne manque pas d’intérêt » bien qu’elle « insiste trop sur les différentes traditions religieuses prises séparément (taoïsme, bouddhisme, christianisme, etc.) et pas assez sur les relations qu’elles entretiennent dans l’histoire pour former la religion chinoise. » M. Larochelle ajoute cependant que « la partie sur le taoïsme est pauvre et renferme quelques inexactitudes » et que « le texte contient peu de références, et aucune référence académique ». En somme, une ressource « intéressante pour une vue très générale, mais inégale sur bien des points. »

 

Alain Bouchard formule des remarques du même ordre concernant l’article portant sur les témoins de Jéhovah. Tout en considérant qu’il s’agit d’une « bonne description de l’histoire, des croyances et des pratiques », il est d’avis qu’une trop grande importance est accordée aux conclusions et interprétations de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaire (France). Il donne pour exemple l’insistance sur le rapport parlementaire français de 2006 concernant l’influence des milieux sectaires sur les mineurs qui, selon Wikipédia, « évoquait un conditionnement et une culpabilisation des enfants et s'inquiétait de l'incapacité du développement de l'autonomie et des troubles psychologiques qu'engendrerait la "séparation d'avec le monde" ». « Cette affirmation est très tendancieuse, dit M. Bouchard, et contredite par plusieurs psychologues et sociologues. Il faudrait trouver dans l’article des références à ces travaux. »

 

De même, les quelques articles concernant les nouvelles religions consultés souffrent soit d’une description « très près de la vision interne du groupe », soit d’une présentation marquée par des « des références au contexte antisectaire français ». Pour le sociologue des religions, les renseignements présentés n’arrivent pas toujours à dépasser les aspects sensationnalistes et controversés. Il en va ainsi pour l’Église de scientologie et le mouvement raëlien. Dans ce dernier cas, « l’article est superficiel et truffé d’inexactitudes. Encore une fois, on met l’accent sur les aspects sensationnels du mouvement sans bien les situer dans leur contexte. On n’y retrouve aucune information sur la vision religieuse du groupe ». Et la section « discussion »? « De façon générale, on sent toujours la tension entre la promotion et la dénonciation », constate l’expert.



Le Web : contenu actualisé?

 

L’une des forces prétendues des ressources en ligne tiendrait en la facilité avec laquelle elles peuvent être mises à jour, ce qui suggère que que l’information qui s’y trouve est à la fine pointe de la recherche. Or, prenons pour exemple l’article sur la religion traditionnelle chinoise. D’emblée, Dominic Larochelle s’interroge sur l’appellation « religion traditionnelle » qui est « rarement utilisée par les spécialistes de la Chine pour décrire ce qu’on nomme plutôt la religion populaire. » En plus de « quelques anomalies dans les explications », le document numérique « ne comporte aucune référence. La bibliographie ne contient que les livres de Marcel Granet publiés en 1922 et 1934. Ces livres restent des classiques, mais beaucoup d’études plus poussées ont été publiées depuis ce temps. » Même constat pour le taoïsme. Bien que « l’auteur du texte connaisse les classiques et les études récentes en français, il reprend de vieilles interprétations qui ont été aujourd’hui révisées, en particulier dans les milieux américains. Il insiste un peu trop, selon l’intervenant du CROIR, sur l'existence d'une soi-disant école philosophique et néglige l'aspect plus liturgique et cultuel du taoïsme. En effet les récentes recherches nuancent l'importance, dans le développement du taoïsme, de ce courant philosophique, auquel on associe des textes comme le Daode jing et le Zhuang zi. » Résultat : ici aussi, quelque chose « d’intéressant mais d’inégal ».

 

Interpellations

 

Humble et sans prétention, cette exploration pose tout de même question. Une analyse semblable, publiée dans le journal en ligne Firstmonday, en arrive à des conclusions plus troublantes encore. Sur les 22 articles examinés par des experts de différentes disciplines, seulement 12 ont été considérés comme acceptables. Pourtant, ils apparaissaient tous sur la courte liste des « contenus de qualité » (featured articles) rassemblant « les meilleurs articles offerts sur Wikipédia ». Qui plus est, ils ont été évalués à l’aide des critères que Wikipédia dit appliquer pour établir ce choix.

 

Plus que de condamner sans nuance, l’enjeu est de montrer les limites de l’outil. Dans un dossier sur l’usage de Wikipédia en éducation, Patrice Létourneau nous avertit : « il importe de réitérer que si Wikipédia constitue un point de départ intéressant pour débuter une recherche, en revanche ladite recherche ne doit jamais ô grand jamais se terminer avec Wikipédia. » Semble s’appliquer ici l’adage journalistique : multiplier les sources, vérifier, vérifier et contrevérifier. Seulement, si l’on s’impose ce processus, l’encyclopédie en ligne la plus populaire du Web perd de son intérêt, soit d’offrir rapidement et facilement des contenus.

 

Les chercheurs et les spécialistes de différentes disciplines sont aussi interpellés par de pareils constats. Les milieux universitaires ne devraient-ils pas porter davantage attention à ces nouvelles modalités de circulation des connaissances? N’y a-t-il pas un appel à y contribuer directement ou par d’autres modes de diffusion?

 

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Analyses|réflexions

Cartographie du réseau collaboratif | Bilan de l'an 1

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 12 décembre 2011 20:48

Début novembre 2010. La Faculté de théologie et de sciences religieuses lance le site Enseigner l’ÉCR! et s’engage dans le « 2.0 » désirant ainsi contribuer à l’enseignement de l’éthique et de la culture religieuse au primaire et au secondaire. En marge d’un bilan détaillé en cours d’élaboration, voici quelques réflexions qui émergent d’un regard sur la dernière année. Deuxième de trois billets.


Afin de rendre ce processus plus concret, il nous faudrait établir une cartographie de réseau collaboratif dont nous mentionnions les apports dans un premier billet. Voici quelques repères qui ne sont en rien exhaustifs, mais qui évoquent nos découvertes et fréquentations. Peut-être sauront-ils être utiles à ceux et celles qui sont moins familiers avec le recours aux médias sociaux en éducation.

 

Des acteurs

Dans notre «monde» 2.0, il y a des acteurs : enseignants, conseillers pédagogiques, chercheurs, professeurs d’université, intervenants d’organismes divers. On en retrouve plusieurs dans le répertoire EduT. On croise certains plus fréquemment. On découvre leurs préoccupations, leurs défis, les ressources qu’ils ont développées ou adoptées.  


Parmi ceux-ci, nombreux sont ceux qui, à un moment ou l’autre, agiront comme personnes-ressources en mettant à contribution leur expérience et leur expertise; en partageant leurs bons et moins bons coups; en donnant un coup de pouce tant réflexif et conceptuel que pratique et technique. Dans notre cas, la liste est longue. En voici quelques-uns, choisis simplement pour illustrer la diversité du réseau qui est désormais le nôtre. Que tous ceux que nous ne nommons pas soient par ailleurs assurés de notre reconnaissance. 

 

Nous partageons des intérêts immédiats avec certains. C’est le cas de Benoit Petit (@petitbenoit) du RECIT développement de la personne qui traite de l’intégration des TIC en ECR et avec qui nous avons eu des collaborations à la fois « virtuelles » et « réelles ». C’est le cas également de Marc-André Caron (@marcandrecaron), enseignant au secondaire de la région de Montréal (en ECR l’an passé) poursuivant une maîtrise sur l’utilisation du blogue pour la pratique du dialogue. Ou encore Mélanie Truchon (@Meltruchon), enseignante au secondaire en ECR de la région de Québec qui a osé utiliser le microblogue (EnDirect) avec ses élèves. Et aussi Marie-Josée Harnois (@mariejoharnois) conseillère pédagogique en ECR, notamment, avec qui nous partageons des ressources de temps à autre.

 

Nous avons l’occasion d’échanger avec de nombreux enseignants que nous n’aurions probablement jamais eu la chance de croiser sans le concours de Twitter. Pensons à Sylvain Bérubé (@sylberu), enseignant de français au secondaire de la région de Québec; Emmanuel Gunther (@le_gugu), enseignant à Lille ou Jacques Dubois (@jackdub), enseignant en informatique à Dijon dont les idées et propos permettent d’envisager autrement les enjeux.

 

Plusieurs membres du réseau sont des sources intarissables d’informations et de réflexion. C’est le cas de Véronique D’Amours (@verodamours), responsable de la veille au RIRE (Réseau d’information pour la réussite éducative) ou de Jacques Cool (@zecool) technopédagogue Néo-Brunswickois, pour n’en nommer que deux.

 

Des enseignants nous font pratiquement une place dans leur classe (Iclasse ou Hyperclasse). Pierre Poulin (@ppoulin) et François Bourdon (@FrancoisBourdon) sont de ceux-là.

 

Plusieurs sont des dynamos. Pensons entre autres à Christine Renaud (@christinerenaud), animatrice de communauté au Musée virtuel du Canada, entre autres. Comme fut titré un article ce printemps, « le ClavED, c’est elle! »

 

D’autres encore ont la sagesse du recul et de la réflexion. Mario Asselin (@marioasselin), blogueur aux avis attendus et respectés, est de ce nombre.

 

Et il y a des élèves et des étudiants : les « amis » de la classe de 5e de l’école St-Gérard (@5Astgerard) et leur enseignant Pierre Gagnon (@P_Gagnon), les branchés – dans tous les sens du terme – comme Marc-Olivier Gingras (@Marcoliviero) ou de futurs enseignants qui utilisent Twitter dans le cadre de leurs cours (comme ceux du groupe #tenaut11 cet automne).

 

Et combien d’autres…

 

Des « institutions »

Certains organismes sont des références dans le milieu. Mentionnons simplement le RIRE CTREQ, Thot cursus, Cybersavoirs

 

Des médias

Des nombreux blogues d’enseignants (par exemple le PédagoTIC de @pgiroux) aux revues en ligne, l’univers est riche et au bout des doigts.

 

Des véhicules

Wiki, blogues, Diigo, Skype, Paper.li, Storify, Google documents, groupe Facebook… les moyens ne manquent pas et l’innovation tient non pas à ces technologies, mais à ce qu'on en fait lorsqu’elles s’insèrent dans un projet pédagogique signifiant et novateur.    


 

Des places publiques

Il y a quelques lieux de rencontre pour tous ces acteurs. Le Claved, cette discussion hebdomadaire sur twitter en éducation, est un incontournable. Mais nous pensons également à partajeunes où il est possible de réagir directement aux propos d’élèves qui utilisent de manière éducative les blogues. Et aussi un projet en cours d’élaboration : SynapTIC.  

 

*  *  *

 

Non sans raison, plusieurs analyses ont insisté sur le caractère narcissique des médias sociaux. On peut en effet s’interroger sur l’usage qu’en font certains alors qu’ils étalent sans pudeur ce qui, il n’y a pas si longtemps, appartenait au territoire de l’intime. Seulement, notre exploration de la dernière année nous force à dire que ces mêmes médias sociaux peuvent se révéler d’une extraordinaire efficacité lorsqu’utilisés dans une perspective « professionnelle », éducative ou de recherche. Nous y avons découvert un écosystème ouvert, accueillant, courtois et stimulant.

 

Prochain billet: récit d'une expérience pédagogique

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Analyses|réflexions

De la diffusion à la collaboration : une année « 2.0 » | Bilan de l'an 1

par Jean-Philippe Perreault, FTSR ULaval 26 novembre 2011 08:28

Début novembre 2010. La Faculté de théologie et de sciences religieuses lance le site Enseigner l’ÉCR! et s’engage dans le « 2.0 » désirant ainsi contribuer à l’enseignement de l’éthique et de la culture religieuse au primaire et au secondaire. En marge d’un bilan détaillé en cours d’élaboration, voici quelques réflexions qui émergent d’un regard sur la dernière année. Premier de trois billets.

 

 

Au fil des derniers mois, nous avons déposé sur le site Enseigner l’ÉCR! des ressources, nous avons répondu à des questions d’enseignants, nous avons réfléchi de manière ouverte aux enjeux pédagogiques et didactiques. Beaucoup reste à faire et il nous faut être patient.

 

Sur les conseils des programmeurs et concepteurs de la FTSR, nous avions établi dès le départ que le projet Enseigner l’ÉCR! devait aller au-delà de la banque d’informations ou de l’encyclopédie en ligne. Même sans être geeks ou geekettes, nous savons bien que le merveilleux monde du Web est passé à une autre étape depuis quelques années. Seulement, il faut s’y plonger pour en prendre toute la mesure. C’est le risque que nous avons pris. Si le site Enseigner l'ÉCR! est ni plus ni moins que le vaisseau amiral de nos investissements Web, nous avons tenu à l’équiper de trois outils complémentaires : ce blogue, une page Facebook et deux comptes Twitter (@enseignerecr et @jpperro). Au départ, le recours aux médias sociaux visait à faire connaître nos ressources. Rapidement, nous avons saisi la richesse du réseau des passionnés de l’éducation dans lequel nous étions en train de nous inscrire. Un an plus tard, nous en récoltons les fruits. Des bénéfices dont, bien honnêtement, nous ne soupçonnions pas la nature. 

 

La métaphore la plus simple pour expliquer l’apport de ce Web collaboratif et interactif demeure celle des conversations informelles et souvent impromptues que nous pouvons avoir entre collègues. Vous savez, ces discussions de cadres de porte ou de machine à café qui, bien que limitées dans le temps, sont essentielles puisqu’elles permettent de faire le récit de nos expériences, de développer un second regard sur notre travail, d’échanger de l’information, de créer des solidarités et d’éviter l’isolement. Et dans certains cas, elles sont l’amorce de projets plus sérieux dans lesquels nous choisirons de nous engager. D’apparence banale, ces rencontres sont des lieux de créativité.

 

Par l’usage des médias sociaux, des enseignants et intervenants d'ici et d'ailleurs nous ont invité à les suivre dans les corridors de leur école, à prendre à pause avec eux dans leur salle des profs et, parfois, à prendre place dans leur classe. Ils nous ont partagé leurs réflexions et leurs découvertes, leurs réussites et leurs défis. Nous avons confronté des points de vue et validé notre compréhension des enjeux. De diffusion de l’expertise, le Web est ainsi devenu pour nous un outil de recherche et d’apprentissage. Ce projet qui aurait pu facilement être unidirectionnel – de l’université vers le milieu scolaire – s’est révélé un espace de collaboration. Quelque chose d’un laboratoire érigé par des partenariats informels qui, combiné à des interventions « terrain », met en relation étonnamment directe les milieux scolaire et universitaire.

 

Il va sans dire que le Web demeure un outil. Le « Web 2.0 » ne produit pas des connaissances sui generis et ne peut remplacer les temps de travail en « présence réelle ». N’empêche qu’il ouvre à des savoirs, des pratiques et des relations auxquelles nous ne pourrions avoir accès. L’expertise des uns et des autres est non seulement enrichie, mais elle y trouve un nouveau terreau de développement. Plusieurs enseignants insistent régulièrement sur les avantages « d’une classe ouverte sur le monde » par le recours aux technologies. Nous pourrions dire la même chose à propos de l’université. Université qui, pour toutes sortes de raisons, n’arrive pas toujours à franchir les guérites de son campus. De l’ouverture et de l’échange, le rapport à la construction des savoirs s'en trouve transformé.

 

« En offrant des ressources en éthique et en culture religieuse, Enseigner l'ÉCR! veut appuyer les enseignantes et les enseignants du primaire et du secondaire dans leur pratique. » Telle est la « mission » que notre projet s’est donnée il y a plus d’un an. Voilà qu’aujourd’hui des ajouts et des précisions semblent nécessaires. Il ne s’agit pas tant « d’offrir » qu'être « partenaire » dans l’élaboration d’outils et de ressources, pas tant être présent que participer à l’animation d’un réseau, pas tant se faire entendre qu'écouter et apprendre. Le Web 2.0 est un outil d'intégration : il permet d'établir des liens entre la formation initiale, la formation continue et la pratique enseignante. Il maximise l'énergie et le temps disponibles pour la construction des savoirs. Il permet de faire ce qui serait difficile de faire autrement.

 

Prochain texte : cartographie du réseau collaboratif

 

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Analyses|réflexions

Le CROIR: au service des enseignants en ÉCR

par Dominic Larochelle, CROIR, FTSR, ULaval 29 avril 2011 10:34

Depuis 2005, le Centre de ressources et d'observation de l'innovation religieuse (CROIR) de l'Université Laval suit de près ce qui se passe dans le domaine de l'innovation religieuse, particulièrement au Québec. Ce domaine est vaste et comprend non seulement l'étude des manifestations d'innovations dans les grandes traditions religieuses (christianisme, judaïsme, islam, bouddhousme et hindouisme), mais également l'étude des « nouveaux mouvements religieux » (communément appelé les « sectes »), ainsi que l'étude des diverses formes de « spiritualité contemporaine » (souvent inclut sous la rubrique « Nouvel Âge »). Ce domaine d'étude est encore peu développé chez les chercheurs universitaires et les médias populaires ont souvent tendance à véhiculer des clichés et de la désinformation. Il peut donc être difficile pour un enseignant en ECR de trouver de l'information pertinente, objective et non biaisée sur ces sujets.

 

Le CROIR offre une expertise dans ce domaine à travers deux grands volets:

  1. Un volet RECHERCHE qui vise à constituer des dossiers documentaires sur des groupes ou mouvements religieux/spirituels et sur des questions d'innovation religieuse en général.
  2. Un volet INFORMATION qui vise à rendre accessible les résultats de ces recherches, tant à la communauté universitaire et aux enseignants, qu'à toute personne qui désire plus d'information sur ces questions.

 

Je vous invite donc à visiter le site Web du CROIR à l'adresse http://www.croir.ulaval.ca pour prendre connaissance de nos travaux et de nos services. En plus de fiches signalétiques sur différents groupes et mouvances religieux/spirituels, vous trouverez divers documents utiles pour comprendre ces phénomènes.

 

Le CROIR met à la disposition des enseignants en ECR des spécialistes dans le domaine des sciences religieuses. Pour toute question concernant le domaine de l'innovation religieuse, ou même concernant la religion en général, ou pour venir consulter nos dossiers et nos ouvrages de référence, vous pouvez communiquer directement avec un agent de recherche et d'information du centre:

  • Par téléphone au 418-656-7461 (n'hésitez pas à laisser un message sur la boîte vocale)
  • Par courriel au croir@religion.qc.ca

 

Au plaisir de pouvoir vous être utile dans votre travail.

Dominic Larochelle

Chercheur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses Université Laval

Responsable des bénévoles au CROIR 

 

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Actualités

Enseignants en ÉCR recherchés...

par Enseigner l’ÉCR 2 mars 2011 19:49

Une équipe de l’Université Laval travaille actuellement à l’élaboration de parcours de formation continue pour le personnel enseignant en éthique et culture religieuse. Ce projet est financé par le MELS dans le cadre du Programme de soutien à la formation continue du personnel scolaire.

 

Afin de mettre au point des formations souples, adaptées et pertinentes, nous sommes à la recherche d‘enseignantes et d’enseignants du primaire et du secondaire qui accepteraient de nous accorder quelques heures, d’ici au mois de mai, pour nous faire part des défis qu’ils rencontrent lorsqu’ils enseignent l’ÉCR, des besoins qu’ils ressentent et des ressources qui leur seraient utiles. 


Pour participer ou pour plus d’informations :

Jean-Philippe Perreault, Faculté de théologie et de sciences religieuses

jean-philippe.perreault@ftsr.ulaval.ca ou au 418-656-2131 poste 2307.

 

N’hésitez pas à transmettre cette invitation à vos collègues. Pour ce faire, vous pouvez utiliser le document suivant:  Descriptif_participants.pdf (217,51 kb) Merci!

 

Précisions sur la démarche :

  •  Une compensation financière est prévue et assumée par le projet, soit sous forme d’honoraires professionnels versés directement à l’enseignant, soit sous forme de dégagement après entente avec la direction de l’école et la commission scolaire.

  •  Les informations seront recueillies à l’aide de quelques questions sous forme de « journal de bord » en trois étapes, à compléter soit par courriel, soit par de courts entretiens téléphoniques. 

  •  Ce qui importe, c’est l’expérience d’enseignement de l’ÉCR telle qu’elle est vécue. Il n’y a donc pas de bonnes ou mauvaises réponses. D’aucune façon nous ne cherchons à évaluer la qualité de l’enseignement. Tout au contraire, nous désirons apprendre de l’expérience des enseignants puisque personne ne connaît mieux qu’eux la réalité des classes, le cheminement des élèves et les défis qui se posent lorsqu’on enseigne l’ÉCR.

  • Les données amassées seront anonymisées : tous renseignements (noms, localisation, traits distinctifs, etc.)permettant d’identifier un enseignant, un élève ou une école seront retranchés.   

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Actualités

Journée d'étude "Jeunes et religion"

par Enseigner l’ÉCR 1 mars 2011 20:43

Partages et échanges sur la thématique « Jeunes et religion » par des professeurs de six universités : Laval, Montréal, Louvain, Paris, Milan et Bogotà.


Lundi 7 mars de 9h à 17h
FAS-813, Université Laval


Venez découvrir les nouvelles tendances de la recherche sur ce sujet d’actualité: les jeunes et la religion ! De plus, vous aurez l’occasion d’approfondir vos connaissances grâce à la venue d’experts de plusieurs pays!
C’est l’occasion idéale pour être informé des projets de recherche en cours ou en devenir et d’examiner cette question plus en profondeur.

 

BIENVENUE À TOUS ET TOUTES !

 

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